Témoignages de parents d’enfants dyslexiques

J’ai demandé à des parents quelle avait été leur réaction lorsqu’ils avaient reçu le diagnostic officiel de dyslexie de leur enfant. Voici leurs témoignages.

montagne

« J’étais soulagée, car depuis la 2e année, l’école avait émis l’hypothèse d’une dyslexie. Et j’ai dû aller au privé chercher une évaluation, car l’école ne voyait pas la nécessité d’obtenir le diagnostic officiel. Elle disait répondre à ses besoins. Cela était malheureusement inexact. J’avais des inquiétudes face à l’aide et aux services que le milieu scolaire allait lui offrir. Et encore une fois, ces inquiétudes se sont réalisées. Comme mon fils n’a plus été en échec après la 3e année du primaire, pour eux, l’essentiel avait été fait. Heureusement, j’ai retroussé mes manches et je suis allée chercher de l’aide au privé. Mon fils est maintenant en sec 4 au régulier. Et il n’a jamais échoué dans aucune matière, mais je sais qu’il travaille très fort, voire trop, pour compenser ses difficultés, mais comme il est très intelligent, il est un excellent caméléon. »
Anne-Marie

«Aucun doute, il avait 7 ans.»
Dominique

«Léa a été diagnostiquée à 9 ans. J’avais des doutes depuis la 1re année, mais aucun professeur, orthopédagogue, ergothérapeute étaient de mon avis. La neuropsychologue a décelé la dyslexie en à peine 30 minutes de test. C’était évident. Mais la bonne nouvelle est que grâce à la consultation pour la dyslexie, la neuropsy a décelé une dyscalculie, une dysgraphie le tout chapeauté par un TDA. Nous n’aurions jamais pu savoir aussi tôt que Léa avait un TDA.

Le choc fut très gros de ma part lors de la réception du diagnostic d’un TDA-I. Mais une fois la vague passée, nous avons mis en place toutes les ressources pour ré-éduquer et outiller notre cocotte. Malgré tous ses troubles d’apprentissages, elle garde une grande motivation à aller à l’école et a rebâti une estime d’elle, et ce, malgré l’incompréhension actuelle de sa professeur qui a tardé 6 mois avant de lui donner accès à ses outils (ex. : Word-Q). Cette dernière trouvait injuste que Léa ait ces outils par rapport aux autres élèves. Je vous dirais que c’est ÇA le plus difficile. De faire face à l’ignorance et la fermeture d’esprit de certains professeurs. Ce sera malheureusement un coup de dé à chaque année!»
Julie

«CE1, 8 ans, oui nous avions des doutes. Je suis moi-même dys. Mes inquiétudes : qu’il ne soit pas découragé ni dégoûté de l’école, qu’il doive faire des efforts, qu’il puisse en être félicité et être encouragé pour toujours avancer dans la joie et à son rythme.»
Marie

«J’ai été soulagée de pouvoir enfin mettre un nom sur ses difficultés scolaires. Elle était déjà suivie depuis l’âge de 4 ans en orthophonie, mais ce n’est que 4 ans plus tard que son professeur des écoles m’en a parlé. Dyslexie, dysorthographie et dyscalculie.

Vers ses 11 ans, nous avons changé d’orthophoniste suite à un déménagement et les progrès ont été plus mesurables. J’ai fait et fait encore beaucoup de recherches sur internet pour aider ma fille âgée à présent de 14 ans. Elle n’a pas souhaité disposer d’un ordinateur en classe pour ne pas se faire remarquer, ne pas sortir du lot, mais subit malgré tout les moqueries des autres élèves. Le manque de prise en charge au collège malgré la mise en place d’un PAP est ce qui me gêne le plus. Les enseignants ne se rendent pas compte du travail personnel accompli en dehors des cours pour atteindre 15 de moyenne en 3e pour un enfant dys. Pas encore de retour quant aux aménagements demandés pour le brevet.

À la prochaine rentrée, elle souhaite s’orienter vers une formation en alternance en MFR (Maison Familiale et Rurale) car elle est fatiguée de la voie d’apprentissage normale en milieu scolaire et a besoin de davantage de reconnaissance pour évoluer sur le plan personnel, moins de théorie, davantage de concret. Je suis heureuse qu’elle ait trouvé sa voie, mais c’est uniquement grâce à sa ténacité et non à l’aide fournie en milieu scolaire.»
Géraldine

«Mon garçon avait 8 ans 11 mois. J’étais soulagée parce qu’aucune intervention ne fonctionnait sur lui et que je savais qu’il aurait des outils pour lui avec le diagnostic. Je suis enseignante et je ne reconnaissais pas mon enfant parmi les caractéristiques des autres enfants. Ça a permis aussi à papa de voir qu’il avait réellement des difficultés. Ça a été un moment pour se mettre en action, pour trouver des outils et des moyens pour intervenir avec lui.»
Virginie

«Mon rayon de soleil a 10 ans et est en 4e année. Nous avons tout juste reçu le rapport de l’orthophoniste, il y a à peine 2 semaines. Il faut dire qu’on s’est aperçu dès sa première année que la lecture était difficile pour elle. Au début, je me disais qu’avec la pratique, ça devrait s’améliorer. En 3e année, ça devenait de plus en plus difficile. Nous avons réussi à avoir un peu d’aide de l’école avec l’encouragement d’une excellente enseignante, sous la forme d’une heure d’orthopédagogie par semaine dans un petit groupe de 5 camarades de classe. Avec des moyens compensatoires assez efficaces, notre rayon de soleil arrivait à quand même bien fonctionner en classe.

Mais l’automne dernier, les problèmes se sont intensifiés et ses notes descendaient de plus en plus près du 60%. Après discussion avec l’enseignante et l’orthopédagogue au début décembre, nous avons pris la décision d’aller au privé pour faire évaluer notre rayon de soleil. Il faut dire que papa est également dyslexique. On avait donc de très grands doutes que notre rayon de soleil l’était probablement aussi. Mais même si nous avions fait l’évaluation plus tôt, tant que notre rayon de soleil n’était pas en situation d’échec, on nous a dit qu’elle ne pourrait pas avoir les services. QUELLE BÊTISE . Il faut laisser l’enfant vivre l’échec et se sentir encore plus nulle qu’elle le sent déjà avant d’avoir de l’aide. Bref, après 3 rencontres, l’orthophoniste nous confirme la dyslexie et dysorthographie et suggère 2 autres évaluations (trouble d’attention mineur suspecté, et test d’audition centrale suggérée). Notre rayon de soleil a aussi une grande sœur qui est anxieuse et fait des grosses crises d’angoisse, en plus d’être malentendante.

Donc après avoir eu le rapport, la première chose que je me suis dis « c’est déjà pas facile avec la grande, on pouvait pas en avoir une plus facile? » J’ai été triste deux jours. Notre rayon de soleil reste notre petit rayon de soleil. Ça n’a pas changé. On l’aime comme elle est et on va continuer à l’aider comme on l’a toujours fait. Je lui ai dit qu’on trouverait des solutions, de l’aide et des outils. J’ai tenu ma promesse! C’est que ça brise le cœur d’entendre son rayon de soleil pleurer et se demander pourquoi elle est différente, pourquoi c’est difficile pour elle 😭. Nous avons rencontré l’enseignante et l’orthopédagogue jeudi dernier et ce matin, lundi, notre rayon de soleil avait sa première expérience avec WordQ.

Que dire sur l’enseignante… les mots me manquent. Un dévouement et un amour pour ses élèves sans borne. Et un immense respect et même amour de notre part. Étrangement, la personne qui a eu la réaction généralement attendue des parents, c’est grand-maman. Elle se sent coupable. Je me suis retrouvé à la réconforter. Si moi, je ne me sens pas coupable, pourquoi devrait-elle? C’est papa après tout qui est dyslexique. 😉 Blague à part, on aime notre rayon de soleil et on va continuer de l’aimer et d’être là pour elle, tout comme sa grande sœur.
Isa

«Réaction : soulagé, mais frustré – j’avais aucun doute – je m’en doutais depuis l’âge de 5 ans (reconnaissance des lettres, petites lectures , écritures = tâche ardue ). Il fut diagnostiqué seulement à l’âge de 8 ans. À l’âge de 5 ans notre enfant avait tellement hâte d’apprendre à lire et se voyait lire de gros romans… l’intérêt à la lecture , le vouloir, la motivation étaient là. Par contre, l’apprentissage était long et pénible pour lui et pour nous comme parents! L’école que mon enfant fréquente ne fait aucune demande de diagnostic avant cet âge (3e année). Les enseignants et enseignants ressources nous disaient toujours de ne pas s’inquiéter avec ça, car ils ne reconnaissaient pas cela du tout en lui – disant qu’il allait très bien et qu’il existait encore beaucoup d’apprentissage à faire avant de le faire évaluer par le psychologue de notre conseil.

Nous avons décidé comme parents de consulter au privé au début de sa 3e année (diagnostic = moyen à sévère) et a également eu, par la suite, rencontre avec psychologue du conseil scolaire dont nous avions fait la demande au préalable (diagnostic = min à moyen) . Notre enfant est un enfant à personnalité calme et à l’écoute – mais souffrant maintenant d’anxiété et d’un manque de confiance (depuis le début de sa 3e année), qui a su perdre intérêt à la lecture, mais nous continuons de lire à tous les soirs. Les devoirs le soir demandent beaucoup de temps, de patience et d’énergie … sans oublier que la fatigue s’installe assez vite aussi.»
Anonyme

 

Merci de votre générosité!

Je retrouve beaucoup de similarités avec ma propre expérience. Pour ma part, je n’ai pas été surprise. Je savais bien que ses difficultés à apprendre à lire cachaient quelque chose. Je suis fière de lui et sa persévérance est une source d’inspiration pour moi, chaque jour.

Josée

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