Comment faire taire le sentiment de culpabilité

Les parents s’en mettent beaucoup sur les épaules. On veut que nos enfants réussissent bien à l’école, qu’ils aient des amis, qu’ils ne regardent pas trop la télé, mangent de manière équilibrée, fasse de l’exercice, soient en santé et qu’ils n’en arrachent pas trop à l’école.

Si on ajoute à cela, des problèmes de santé ou des troubles d’apprentissage, ouf, le sentiment de culpabilité se fera peut-être sentir.

Accueillir un diagnostic

Un diagnostic, ça peut être libérateur. On comprend alors pourquoi son enfant est comme il est, mais ça peut être très anxiogène. On se sent sous le choc, impuissant. On se dit qu’on n’est pas spécialiste et qu’on ne sait pas comment aider son enfant. On se sent perdu et des scénarios catastrophes surgissent dans notre tête!

S’en suit une roue sans fin de questionnements, de «si j’avais fait ça, peut-être que…», etc. Voici le genre de questions que je me suis posées :

  • Qu’est-ce que j’aurais dû faire pour mieux développer son langage? Parler plus, chanter plus, etc.
  • Aurais-je dû consulter une orthophoniste plus tôt? Peut-être que oui…
  • Aurais-je dû l’envoyer plus souvent chez l’ergothérapeute? Je ne l’ai pas fait assez, car j’ai privilégié l’orthophoniste. (Une bataille à la fois.)
  • N’aurais-je pas dû déménager dans un endroit où avoir un médecin de famille a pris des années?
  • Aurais-je dû ne pas l’envoyer à la garderie ou choisir une autre garderie plus adaptée à ses besoins spécifiques? J’aurais vraiment dû chercher plus…
  • Devrais-je le changer d’école? Oui, mais laquelle, dans quelle ville, à quel coût?
  • Comment fera-t-il pour bien fonctionner plus tard? Le mystère de la vie adulte.
  • Aurais-je dû le stimuler davantage au plan moteur? Jouer plus au ballon avec lui? Je n’aime pas les jeux de ballon.
  • Que sera sa vie au secondaire? Parce qu’on sait que le secondaire, ouf, c’est un autre monde!
  • Est-ce que je l’aide assez? Elle est où la ligne entre soutenir son autonomie et l’aider concrètement.

Vous voyez le genre.

Je peux dire que maintenant, j’ai dépassé ce stade. Enfin, presque. Je rechute souvent, surtout pour « devrais-je le changer d’école? ».

Je sais que c’est tout à fait normal de se poser ce genre de question, surtout si on a tendance à suranalyser comme c’est mon cas.

Au fil du temps, j’ai développé des façons de mieux apprivoiser les différences de mon enfant.

Des façons de dépasser la culpabilité

Vivre avec

Apprendre à vivre avec un enfant différent se fait petit à petit. Comme dans tout changement, il y plusieurs étapes à franchir, du déni à l’acceptation. Il y aura de bonnes journées, parfois de très mauvaises.

Pour ma part, le diagnostic de dyslexie ne m’a pas surprise. Je le savais dans le fond, mais avoir le rapport de l’orthophoniste entre les mains, ça nous frappe quand même. Ça peut même rassurer, car on sait maintenant que ce n’est pas parce que notre enfant ne faisait pas d’effort. Il y avait une réelle cause à ses difficultés.

La reconnaissance des difficultés de son enfant n’est pas chose facile, mais un jour, on en vient à voir ces difficultés comme des façons de développer d’autres forces, comme la persévérance et même la résilience.

Se renseigner

Quand je ne connais pas quelque chose, je fais des recherches. Je lis sur le sujet. C’est ma façon de bien comprendre un trouble ou une autre problématique. C’est un peu pourquoi j’ai créé ce blogue.

Je vous invite à lire ce livre pour bien comprendre la dyslexie : Mieux comprendre la dyslexie : un guide pour les parents et les intervenants de la Dre Évelyne Pannetier.

Vous pouvez aussi visionner cette liste de vidéos sur Youtube.

Des parents bien renseignés peuvent mieux faire valoir les droits de leur enfant dyslexique. Si vous ne savez pas où chercher, il existe des associations pour vous renseigner sur ce trouble, comme l’Institut des troubles d’apprentissage.

Bienveillance envers soi

On se demande souvent si on en fait assez pour soutenir son enfant, mais je vous encourage à vous donner un break! Faites de votre mieux, chérissez les moments où il y a des progrès, notez-les pour pouvoir les relire plus tard lorsque les temps sont durs.

Si vous êtes bienveillant envers vous-même, vous aurez plus de chances de l’être avec les autres.

C’est fou comme mon empathie envers tous les parents a augmenté depuis que je jongle avec les troubles d’apprentissage. J’ai aussi compris que les parents doivent bien sûr prendre soin de leur enfant, mais pas au détriment de leur propre santé mentale et physique.

Bien s’entourer

Je crois qu’il est plus qu’essentiel de parler avec d’autres parents qui vivent la même chose. Je sais que beaucoup de parents s’isolent et ne souhaitent pas trop en parler, car c’est trop difficile. Mais au bon moment, vous serez heureux d’échanger avec d’autres personnes, de voir que vous n’êtes pas seuls.

Demandez de l’aide à autrui est une preuve de courage à mon sens. Quand ça ne va pas, vaut mieux lever la main que de sombrer plus bas.

Vous sentez-vous parfois coupable, car vous croyez ne pas en faire assez?

Faire taire le sentiment de culpabilité quand on est parent d'un enfant dyslexique #dyslexie