Cultiver la persévérance malgré les difficultés scolaires de son enfant

La persévérance est une qualité essentielle à développer chez tous les enfants, et plus particulièrement chez les enfants dyslexiques ou éprouvant des difficultés scolaires. Alors, comment savoir si on pousse notre enfant au-delà de ses capacités sachant qu’il a des défis que d’autres n’ont pas?

Photo : Pixabay

Les enfants dyslexiques se sentent souvent surchargés cognitivement. Ils déploient beaucoup d’énergie et d’efforts à décoder les mots et à bien écrire, surtout au début de l’apprentissage de la lecture. Ils arrivent le soir et sont tout simplement épuisés.

Quand mon fils a appris à lire, je voyais bien qu’il était fatigué et que peu importe le nombre de répétitions qu’il faisait des sons à apprendre, tout était à recommencer le lendemain. Je me posais régulièrement ce genre de questions :

  • Comment savoir si le défi que je lui propose est à sa mesure?
  • Suis-je trop exigeante ou au contraire, trop mère poule?
  • Aurais-je dû intervenir dans ce cas?
  • Aurais-je dû l’aider à faire cette tâche ou ai-je bien fait de le laisser essayer et échouer?

Au fil du temps, et avec une meilleure compréhension de ses difficultés, j’ai mieux su comment l’aider. Il n’y pas vraiment de truc infaillible pour savoir comment aider notre enfant, sauf peut-être le fait de se faire confiance comme parent et soutenir son enfant, même si c’est difficile.

La différence entre persévérance et acharnement

L’adage veut que l’on n’abandonne jamais. Que l’on fasse tout pour atteindre notre objectif. Je suis bien d’accord que la persévérance est l’un des facteurs les plus importants de la réussite scolaire et que de persévérer est nécessaire dans la vie. Toutefois, quand un enfant fait tout ce qu’il peut pour réussir, mais que les résultats ne sont pas là, c’est décourageant pour l’enfant et le parent.

On voit notre enfant étudier, essayer de se rappeler les sons, l’orthographe ou comment on accorde un verbe à la deuxième personne du singulier. Il essaie, maintes et maintes fois, mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. C’est avec le temps, les efforts et les petits gestes quotidiens qu’on finira par voir des améliorations et des succès. Mais ça prend du temps, de la patience, de la persévérance et, disons-le, de l’argent pour les spécialistes.

Persévérer

Persévérer, c’est continuer à répéter les sons, relire les phrases, évaluer les méthodes, essayer d’autres méthodes, féliciter, encourager, coûte que coûte. C’est loin d’être facile. Mais avec le temps, l’enfant commence à vivre des succès et comprend de plus en plus que ses efforts portent enfin fruit. C’est sur les efforts que l’on mise.

S’acharner

L’acharnement, c’est plutôt persévérer dans une avenue qui ne fonctionne visiblement pas pour notre enfant et qui menace en quelque sorte son estime personnelle.

S’acharner, c’est quand on sent que l’enfant a besoin d’une pause, que les méthodes employées ne fonctionnent pas, que les larmes sont trop fréquentes. S’acharner, c’est quand on sent que vraiment, on est en train de mettre en péril la relation qu’on a avec notre enfant.

N’oublions pas que la capacité d’un enfant dyslexique ou ayant d’autres difficultés est pas mal rendue à zéro lors du retour à la maison. Les devoirs peuvent être très difficiles pour ces enfants. C’est souvent là qu’on ne sait plus trop comment encourager/forcer/obliger/pousser notre enfant à faire ses devoirs. On se doit donc de prendre des pauses fréquentes et chercher de l’aide, bien souvent.

Quand c’est trop!

Tout dépend de chaque enfant, bien sûr, mais quand j’ai vécu des moments avec mon fils où j’ai que c’était trop intense pour lui. Vers la fin de sa première année, on s’est mises d’accord que mon fils en avait trop sur les épaules et que pour le soulager, on relâcherait la pression. On a diminué nos attentes et mon fils a pu mieux s’épanouir par la suite.

À un moment donné, on a aussi dû arrêter changer d’orthophoniste. La relation entre les deux n’allait pas du tout, les larmes étaient trop fréquentes et la fatigue cognitive trop grande. La méthode ne fonctionnait pas et c’était une corvée pour lui de faire ces séances. J’ai alors trouvé une autre orthophoniste où mon fils a pu apprendre dans le respect de son rythme et de ses capacités.

J’ai donc persévéré et j’ai trouvé la bonne personne. Puisque chaque enfant apprend à sa manière, l’accompagnement reçu doit aussi être fait en fonction du rythme de l’enfant, même si c’est beaucoup plus long.

Cultiver la persévérance chez son enfant dyslexique ou avec tout autre enfant. Crédit photo : Anton Sukhinov

Cultiver la persévérance

Je vous propose quelques trucs et réflexions pour cultiver la persévérance :

  • C’est l’effort qui compte, le résultat aussi, mais dans une moindre mesure. Souvent, comme parent on veut des résultats, mais dans le fond, c’est le chemin pour y arriver qui compte. Les efforts que l’enfant a déployés pour terminer un devoir ou lire une page méritent d’être soulignés haut la main. Alors, on encourage les efforts!
  • Montrer l’exemple : en racontant à son enfant comment on a réussi telle ou telle chose au travail. On peut aussi partager nos propres expériences lorsque nous étions à l’école. Parler régulièrement de ses expériences surtout si l’enfant a des difficultés d’attention. Montrer l’exemple se passe dans l’action et dans les paroles.
  • On peut garder des traces de succès de nos enfants, les certificats par exemple peuvent être affichés sur un tableau ou compilés dans un cahier. Quand l’enfant se sent moins motivé, on peut sortir ce cahier et rappeler à l’enfant qu’il a déjà réussi.
  • Faire appel à l’enseignante et lui demander ce que vous pouvez faire pour mieux aider votre enfant.
  • Pour les devoirs, je vous invite à consulter le génial site d’Alloprof. Il renferme de nombreuses ressources pour les devoirs. On peut même clavarder avec des enseignants. Il y a aussi la nouvelle plateforme d’aide aux parents : Alloprof Parents où vous trouverez de nombreux textes sur les troubles d’apprentissages, les devoirs, le vécu familial, etc.
  • Tenir compte de la surcharge cognitive que vit son enfant jour après jour. Il faut des pauses régulières.
  • S’impliquer dans l’école : comité et autres. En ayant le nez dans la vie de l’école, l’équipe-école nous connaît et ça peut faciliter les échanges en plus de montrer à notre enfant que l’école est importante à nos yeux.
  • Lire avec ses enfants chaque jour si possible. C’est fou comme ces moments de lecture partagée tissent des liens forts et favorisent de bonnes habitudes! Chaque petit geste quotidien compte vers le chemin de la réussite.

Bref, j’espère que cet article vous aura plu. Je vous invite aussi à vous inscrire à mon infolettre afin de ne manquer aucun article.

-Josée

Que veut dire persévérance quand on a une dyslexie ou des difficultés scolaires