Les conseils d’une orthophoniste pour aider son enfant dyslexique

Les orthophonistes ont une grande importance dans la vie des enfants qui ont des difficultés langagières ou de lecture. Mon fils a grandement bénéficié de l’aide de plusieurs orthophonistes tout au long de sa jeune vie.

C’est pourquoi j’ai eu l’idée de poser quelques questions à Marie-Philippe Rodrigue, une orthophoniste hyper connectée et dévouée à aider les enfants dyslexiques et leurs parents.

Elle nous donne aussi ses 5 trucs pour aider son enfant à la maison.

Voici sans plus tarder les réponses de Marie-Philippe à mes questions.

Marie-Philippe Rodrigue, orthophoniste nous donne ses trucs pour aider nos enfants dyslexiques

Pourquoi as-tu voulu être orthophoniste?

Au départ, je voulais être psychologue. Lorsque j’ai réalisé que ça prenait dorénavant le doctorat (même si j’aimais l’école), ça m’a un peu découragée. J’ai donc commencé à regarder mes autres options. J’ai pensé être professeure de français au secondaire, car j’adore tout ce qui touche la langue et ses subtilités. Par contre, je n’aimais pas l’idée d’enseigner à un grand groupe.

Ainsi, à travers mes recherches, je suis tombée sur le métier d’orthophoniste. J’ai tout de suite été attirée par ce métier qui alliait à la fois la relation d’aide et la langue. J’ai découvert ce métier lorsque j’étais en secondaire 5, puis mon idée n’a jamais changé depuis. La preuve, je suis aujourd’hui une orthophoniste totalement épanouie!

Comment soupçonne-t-on une dyslexie?

Souvent, on peut soupçonner qu’un enfant est à risque d’éprouver des difficultés en lecture et en écriture dès le préscolaire. Si l’enfant maîtrise difficilement certaines habiletés préalables à la lecture et à l’écriture aussi appelées les habiletés métalinguistiques (p.ex. reconnaître si deux mots riment ou non ou identifier un son entendu dans un mot), il risque fort de trouver l’apprentissage de la lecture et de l’écriture plus ardu.

Certains chercheurs disent d’ailleurs que ce genre d’indice peut être suffisant pour accoler l’hypothèse de dyslexie en bas âge puisqu’il a été démontré que les enfants dyslexiques (dysorthographiques) présentent des déficits sur le plan des habiletés métalinguistiques.

Un autre courant de pensée veut qu’on ne puisse pas se prononcer sur une dyslexie possible tant que l’enfant n’a pas été exposé à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture pendant au moins 18 mois. Ainsi, si on se fie à cette logique, on ne peut avancer avec certitude qu’un enfant est dyslexique avant sa deuxième année (au primaire).

Avant ça, on parlera de retard d’acquisition de la lecture et de l’écriture : l’enfant confond des lettres entre elles, l’enfant omet des sons ou des syllabes lorsqu’il lit, sa lecture demeure lente et saccadée malgré la pratique, etc. Et bien évidemment, ses habiletés métalinguistiques sont affectées.

Quand faut-il consulter?

De façon générale, les parents ne consultent pas avant la deuxième année du primaire. Le plus souvent, c’est l’école qui sonne la cloche, car l’enfant n’arrive pas à suivre le rythme de ses camarades de classe.

Les notes sont souvent plus basses et on constate que, malgré la pratique, l’enfant présente une lecture lente et saccadée. De plus, cela peut affecter la compréhension de divers textes puisque l’enfant étant occupé à décoder les mots, il lui reste moins d’énergie cognitive pour comprendre ce qu’il lit.

Dans certains cas, un élève peut ne pas être suivi avant la fin de son primaire parce qu’il aura été en mesure, en raison de ses autres forces, de compenser ses faiblesses en lecture et en écriture. Ainsi, ses notes ne seront pas « moins bonnes » que la moyenne. Dans ces cas, l’école n’est pas alarmée outre mesure puisque l’enfant réussit bien.

Ce sont souvent les parents qui trouvent que ce n’est pas « normal » que leur enfant ne lise pas de façon fluide rendu en 5e-6e année. Ils s’inquiètent pour le secondaire qu’ils voient arriver et où les exigences en lecture et en écriture augmentent.

Quel est le rôle de l’orthophoniste dans la vie d’un enfant dyslexique?

Nous sommes là pour enseigner des stratégies à l’enfant afin de l’aider à simplifier sa lecture et son écriture. Souvent, en raison de notre bagage et de nos connaissances linguistiques, il est facile pour nous d’expliquer des « règles » qu’on n’apprend jamais à l’école simplement parce que pour la plupart des enfants, celles-ci sont apprises de façon implicite. Ce n’est pas le cas des enfants dyslexiques.

Nous sommes également là pour appuyer les parents dans l’accompagnement et le support qu’ils offrent à leur enfant dyslexique. Ce n’est pas toujours évident de se montrer compréhensif et d’aider son enfant lorsqu’on ne connaît pas bien la dyslexie et ce que ça implique. L’orthophoniste est là pour répondre aux questions que les parents ont lorsqu’ils ne savent pas comment aider leur enfant.

Finalement, nous sommes là pour appuyer les enseignants afin d’alléger leur tâche quand ils doivent apporter un soutien particulier à un élève dyslexique. Nous essayons toujours de travailler en collaboration avec eux pour voir quelles mesures peuvent être prises pour faciliter leurs apprentissages en classe sans ajouter trop à la tâche de l’enseignant.

Comment un parent peut-il aider son enfant dyslexique à lire ou à mieux lire?

Les 5  conseils de Marie-Philippe :

  1. LIRE TRÈS SOUVENT!
    Il y a plein de moyens de rendre la lecture intéressante. Tout peut être lu ou presque!
  2. DONNEZ L’EXEMPLE!
    Souvent, en tant qu’adulte, on est pris par les nombreuses tâches du quotidien et on en oublie de prendre des moments pour nous. Donnez l’exemple à vos enfants en leur montrant que la lecture est un passe-temps amusant. Prenez vous-même des moments pour vous arrêter et lire un bon livre (ou un magazine).
  3. LAISSEZ VOUS TRAÎNER! Laissez traîner des livres à différents endroits dans la maison (la salle de bain est vraiment une place de choix pour ça d’ailleurs). Votre enfant, dans un moment d’ennui, pourrait bien prendre la première chose qui lui passe par la main et tant mieux si c’est un livre! Peut-être le surprendrez-vous même à plusieurs reprises!
  4. LISEZ ENSEMBLE! Souvent, dès que l’enfant apprend à lire, on a tendance à le laisser lire seul et on abandonne le moment lecture qu’on faisait quotidiennement avant le dodo. Ce n’est pas parce que l’enfant est grand qu’on doit cesser cette habitude. Il suffit simplement de la pratiquer différemment.
  5. Lisez cet article pour obtenir des trucs pour choisir le bon livre.

Marie-Philippe Rodrigue, orthophoniste, se présente :

Marie-Philippe Rodrigue orthophoniste​Je suis une orthophoniste de la région de Québec. Aussi jeune de cœur que j’en ai l’air, j’ai développé mes compétences et mon expérience auprès des petits et grands enfants âgés de 5 à 17 ans. Entrepreneure dans l’âme depuis mon plus jeune âge, il était évident pour moi que dès ma sortie de l’université, je démarrerais ma propre entreprise : ma clinique d’orthophonie. Cela fait maintenant un peu plus d’un an que je vis de ma passion et me développe au sein de ma clinique avec les meilleures collègues du monde! Passionnée de lecture et d’écriture, la dyslexie est un sujet qui me touche et qui m’intrigue beaucoup!

Pour lire le portrait d’une autre professionnelle accomplie, allez jeter un œil à l’article sur Kim Gagnon, psychoéducatrice.

Est-ce que vos enfants reçoivent les services d’une orthophoniste et de quelle façon vous aide-t-elle?