Portrait de femme : Kim Gagnon, psychoéducatrice

La psychoéducation, vous connaissez? Avant de connaître Kim Gagnon, je n’avais qu’une vague idée de ce qu’était cette profession. Kim Gagnon est une psychoéducatrice au grand cœur et elle a beaucoup aidé notre fils et toute notre petite famille par le fait même.

Kim travaille au Centre régional de réadaptation La RessourSe de l’Outaouais depuis 20 ans. Ce centre a pour mission d’offrir des services de réadaptation, d’adaptation et de soutien social aux personnes ayant des déficiences motrices ainsi qu’à leur famille. Une équipe multidisciplinaire soutient cette mission (physiothérapeute, ergothérapeute, travailleur social…). C’est dans le cadre des services aux enfants dyspraxiques que nous avons connu Kim.

Soutenir les enfants dyspraxiques et leur famille

La dyspraxie est un trouble de la coordination qui affecte la planification des mouvements. C’est comme si ton cerveau te dit de faire un mouvement, mais que ton corps ne suit pas exactement ce que ton cerveau t’a commandé. La dyspraxie entraîne des difficultés différentes pour chaque enfant. Voici quelques exemples de difficultés rencontrées chez les enfants dyspraxiques :

  • nouer ses lacets;
  • faire des sports et comprendre comment fonctionne le jeu;
  • écrire;
  • se brosser les dents;
  • suivre un plan;
  • faire du vélo;
  • faire des casse-têtes ou des lego;
  • couper ses aliments…

Bref, la liste pourrait être longue. Les enfants apprennent à faire ces gestes, mais ils doivent les répéter d’innombrables fois pour arriver à les automatiser. Ils se découragent parfois, se font pointer du doigt ou bien se disent qu’ils sont vraiment maladroits. Toutes ces difficultés affectent l’estime de soi et engendrent souvent des difficultés relationnelles.

Kim apporte alors son soutien aux enfants dyspraxiques tout en incluant les parents dans le processus.

Le parcours de Kim

Kim a grandi dans un milieu ouvert à la différence. Sa mère était infirmière en pédopsychiatrie. Celle-ci a initié Kim au respect des différences en l’amenant parfois avec elle à son travail. C’est donc dire que Kim était prédestiné à travailler auprès des personnes plus vulnérables et elle a senti le besoin d’aider les autres et de les écouter depuis son plus jeune âge.

À 19 ans, elle décide d’étudier en technique d’éducation en service de garde et poursuit son parcours au baccalauréat en psychoéducation à l’Université du Québec en Outaouais, poussé par le désir de faire encore plus.

Son rôle au Centre de réadaptation

Depuis 1996, Kim travaille au Centre, d’abord avec une clientèle adulte et ensuite en pédiatrie depuis les huit dernières années.

Kim soutient les enfants éprouvant des difficultés d’adaptation à gérer leurs émotions, à favoriser des relations interpersonnelles saines, à s’estimer, malgré leurs difficultés. Les parents des enfants dyspraxiques sont également outillés et appuyés par Kim pour intégrer des stratégies éducatives, dont la gestion des comportements et des émotions, l’instauration de routines et le renforcement positif.

Puisque l’approche est de travailler à la fois sur l’enfant et le parent, l’impact positif des interventions est généralement plus important. Kim donne confiance aux parents et les valorise dans leur rôle.

Kim a développé une solide expertise en estime de soi. Elle a mis sur pied un programme, en collaboration avec ses collègues, qui vise à développer une bonne estime de soi. Il a été construit à partir du livre L’estime de soi, un passeport pour la vie, écrit par Germain Duclos, psychoéducateur et orthopédagogue. M. Duclos est également chargé de cours à l’Université de Sherbrooke, auteur de nombreux ouvrages traitant du développement de l’enfant et de la vie scolaire et conférencier de renom.

Le volet enfant du programme d’estime de soi a été conçu par Kim et la psychologue Manon Johnson tandis que le volet adulte du programme a été développé par Linda Martel, travailleuse sociale. Ce programme se déploie sur huit semaines : les enfants se rencontrent en groupe et participent à des ateliers et au même moment, les parents se retrouvent pour également participer à des ateliers sur l’estime de soi.

Kim a développé une grande force de compréhension et d’empathie depuis ses débuts au Centre. Le vécu des parents et des enfants la touche. Elle est toujours très heureuse lorsque des parents lui disent que ses conseils et ses interventions auprès des enfants ont porté fruit et que les enfants vivent des succès.

Groupe Super Amis

Un autre programme offert au Centre est le groupe Super Amis, pour les enfants qui ont des difficultés relationnelles. Ce programme de 20 heures a pour but de montrer aux enfants comment favoriser des relations positives entre amis. Il a été conçu par l’Hôpital Sainte-Justine.

Différents ateliers abordent les sujets suivants :

  • l’entrée en relation avec une personne : établir un contact visuel, répondre avec sa bouche, écouter avec ses oreilles, mener des conversations.
  • la résolution de conflit : trucs pour résoudre des conflits.
  • la gestion des émotions : peur, gêne, colère, joie, tristesse.

À chaque rencontre, l’enfant a un défi à relever pour la semaine. Des fiches explicatives et des stratégies sont remises aux parents. C’est donc plus facile de les mettre en application à la maison. L’enfant reçoit aussi son propre carnet de bord avec les stratégies imagées apprises dans les ateliers. Pendant que les enfants assistent en groupe aux ateliers, une travailleuse sociale rencontre les parents et les fait réfléchir sur leur gestion des émotions. Les parents sont là pour poursuivre l’application des apprentissages au quotidien à la maison.

Et même un livre!

Kim est même en train d’écrire un livre avec un homme (un romancier) qui a découvert qu’il était dyspraxique alors qu’il était âgé de plus de 70 ans! C’est même Kim qui, en l’observant, s’est doutée qu’il avait peut-être un trouble praxique (qui a été plus tard confirmé). Cet homme a enfin compris bien des événements de son passé grâce à son diagnostic. Le livre en question portera donc sur la dyspraxie et de l’importance d’en parler.

Bref, je suis convaincue que vous pouvez constater que la psychoéducation occupe un rôle majeur dans la société et dans la vie de nos enfants. Je vous souhaite d’avoir accès à ce type de service essentiel. Grâce à Kim, je me sens personnellement plus confiante dans mon rôle de mère!

 

Connaissez-vous des professionnels qui ont fait une différence dans la vie de votre enfant?