Aimer lire et être dyslexique : mission possible !

Ce texte a d’abord été publié sur le blogue du magazine web indépendant Planète F.

L’apprentissage de la lecture n’est pas facile pour tous. On le comprend très rapidement lorsqu’on accompagne un enfant dans ce processus. La plupart des apprentis arriveront en quelques mois seulement à comprendre le fonctionnement de la lecture, mais pour un petit nombre, les sons et les lettres ne seront que des codes secrets. Des codes qui, à force de persévérance, deviendront de moins en moins obscurs.

Le parent qui constate que cet apprentissage est plus ardu que pour d’autres se sent souvent impuissant face à cet obstacle. S’il est parfois difficile de faire aimer la lecture à un enfant qui n’éprouve pas de difficultés particulières, imaginez ce que cela peut être pour un enfant dyslexique. La tâche semble en effet titanesque, voire insurmontable. Mais détrompez-vous, être dyslexique et aimer lire, c’est possible, mais pas nécessairement facile ! Point de vue d’une mère d’un enfant dyslexique.

Éveil à la lecture : une base solide

Je ne saurais trop insister sur le fait que l’enfant dyslexique qui a grandi entouré de livres, d’histoires et a vécu des moments agréables autour de la lecture aura sans doute développé une bonne base. Je constate que cela a fait une grande différence pour mon enfant, car il aime toujours autant les histoires à 9 ans.

Les parents savent en général que d’initier leurs enfants à la lecture en bas âge est important. J’ajouterais que de poursuivre cet éveil même au-delà du préscolaire l’est encore plus, surtout pour des enfants dyslexiques ! Un environnement propice à la lecture, c’est entre autres, d’avoir une variété de livres à la maison, de faire la lecture à son enfant, de fréquenter des lieux de lecture (bibliothèque, librairie, salon du livre, salon de la bande dessinée), de miser sur le plaisir et aussi d’être soi-même un modèle de lecteur.

Faire la lecture à son enfant : même plus vieux

La lecture à l’heure du coucher est une pratique courante dans bien des foyers, toutefois, lorsque l’enfant vieillit, cette activité est de plus en plus délaissée. Pour un enfant plus vieux, on peut très certainement encore faire la lecture ou lire à tour de rôle. On peut choisir un livre au-dessus de son niveau de lecture et dont le sujet plaira à l’enfant. Ce peut être un roman ou un article dans un magazine, peu importe, pourvu que le plaisir y soit. Si votre enfant aime les planètes, lui lire un article sur des découvertes récentes à ce sujet saura l’intéresser. Un enfant n’est jamais trop jeune pour se faire lire une histoire et il n’est jamais trop vieux pour s’en faire lire une aussi. Même si un enfant a des difficultés à lire, il peut quand même avoir accès à des textes plus difficiles grâce au moment de lecture partagé avec son parent.

Je suis d’avis que si l’on veut que son enfant prenne plaisir à lire, il faut éviter de porter des jugements sur ses choix de lecture. Par exemple, la bande dessinée est encore malheureusement vue comme un genre moins valorisé que le roman. Toutefois, bien des enfants ont appris à apprécier la lecture grâce à la BD. Le plaisir de lire ne devrait pas faire l’objet de censure.

Être un modèle de lecteur pour son enfant

L’attitude des parents envers la lecture est un facteur déterminant dans l’apprentissage de la lecture. Élever des lecteurs commence par soi-même : vous considérez-vous comme un lecteur et est-ce que votre enfant vous voit lire et y prendre plaisir ?

C’est vrai, notre temps est précieux et nous avons des vies très remplies, mais si on souhaite que nos enfants aiment lire, il faut commencer par montrer l’importance de la lecture dans notre propre vie. Comme parent, on peut parler à nos enfants de nos lectures, les laisser choisir leurs propres livres (sans oublier de vous en choisir aussi) ou consulter des sites Web avec votre enfant, comme le site Les p’tits mots dits, pour vous aider à savoir ce qui les attire.

J’ai tout essayé, mon enfant n’aime pas lire !

C’est fréquent, mais je suis optimiste dans le fait qu’il n’est jamais trop tard. L’enfant récalcitrant associe trop souvent la lecture à difficulté, obligation, ennui, échec… L’objectif sera alors de transformer cette perception négative et de l’amener petit à petit vers des expériences positives en respectant son rythme et en évacuant toute comparaison avec d’autres enfants. La fréquence des réussites l’encouragera à poursuivre. Les livres ou les textes choisis doivent suivre la progression de l’enfant et surtout l’intéresser.

Le choix des livres adaptés à un enfant dyslexique équivaut parfois à chercher une aiguille dans une botte de foin. Toutefois, il est possible de dénicher des livres qui motiveront votre enfant avec un peu, ou plutôt beaucoup, de recherche.

Pour aller plus loin

Pour vous accompagner dans la transmission du plaisir de lire, l’ouvrage Trucs de lecture : pour transmettre l’amour de la lecture aux petits et aux grands de Julie Provencher m’apparaît comme un incontournable. Vous pouvez également consulter son site Pouvoir de lire pour vous inspirer.

Constater que son enfant est dyslexique peut certes être déstabilisant, mais passé le choc, transmettre cet amour reste à mon sens la seule voie possible. Dans un prochain billet, je parlerai de trucs pratiques pour dénicher « le » bon livre.