Les tests d’admission au secondaire et la peur du parcours régulier

J’ai un grand malaise avec les examens d’admission au secondaire pour accéder aux écoles privées ou aux programmes thématiques des écoles publiques (le public participe également à cette folie des examens). Ces tests visent à sélectionner les meilleurs élèves et favorisent l’élitisme au détriment de nos « apparentes » valeurs d’égalité et d’inclusion.

En espérant envoyer nos enfants dans les meilleures écoles, on espère qu’ils auront plus de succès dans la vie. Le privé se targue aussi d’avoir une qualité supérieure d’enseignement et balance des affirmations qui heurtent notre intelligence comme c’est le cas d’un collège près de chez moi qui affirme que leur taux de diplomation est de 100 %. Ce n’est pas surprenant, étant donné leur stricte sélection visant à éliminer tout enfant ayant la moindre parcelle de difficulté.

Je ne prétends pas être immunisée contre tout ce cirque, car je souhaite aussi que mes enfants aient la meilleure éducation possible. On ne sait pas si les envoyer au privé ou dans des programmes thématiques du public leur assurera une meilleure éducation ou un meilleur avenir. Est-ce que justement le fait de suivre le parcours régulier ne les préparerait pas davantage à devenir des citoyens réfléchis? Après tout, le régulier, à l’image de la société, comprend des élèves de tous les horizons ayant des forces et des faiblesses.

La crainte de voir nos enfants être intégrés au programme public régulier est bien réelle, car le programme régulier est devenu en quelque sorte le choix le moins valorisé. La plupart des enfants se soumettront aux tests d’admission dans l’espoir – des parents surtout – d’être acceptés.

Que mesurent ces tests?

À cette question, on répond souvent qu’ils mesurent la capacité intellectuelle des enfants. Ces tests ne prennent pas en compte les autres aspects ou forces des enfants. Ces temps-ci on parle beaucoup du potentiel des enfants. Ne devrait-on pas plutôt prendre en compte ce potentiel?

Le potentiel, c’est, entre autres choses, la capacité de l’enfant à travailler, à persévérer et à être motivé à apprendre. Si on tient absolument à sélectionner les élèves, ne faudrait-il pas au minimum les rencontrer et leur poser des questions? On pourrait ainsi évaluer d’autres aspects comme la créativité, la débrouillardise, la persévérance ou la curiosité intellectuelle.

Jadis…

À l’instar de bien des parents, dans mon coin de pays, il n’y avait pas beaucoup d’options. Il n’y avait qu’une école secondaire et une école privée réservée aux filles. J’ai donc fréquenté l’école secondaire publique, la question duc choix n’est jamais venue. Ce choix n’a en aucun cas terni mes chances de réussite sociale, au contraire.

Pour la plupart des Québécois qui habitent loin des grands centres, le choix de l’école n’est pas un concept auquel les parents doivent réfléchir. Mais lorsque tu habites une plus grande ville, plusieurs options sont offertes. Il faut choisir une école et même si on aimerait éviter ce dilemme, c’est difficile d’en faire abstraction, car les enfants veulent souvent aller à la même école que leurs amis.

L’industrie des tests d’admission

L’industrie des tests d’admission est aussi bien présente. On peut engager des tuteurs, acheter des cahiers de préparation ou faire nous-mêmes la révision avec notre enfant.

J’avoue que j’ai acheté des cahiers de révision, mais à l’heure où j’écris ce texte, ce fameux cahier est presque intact. On s’inquiète du stress de performance chez nos enfants et force est de constater que ces tests y contribuent. Échouer, ne pas être admis à une certaine école voudra-t-il alors dire que l’enfant n’a pas les capacités intellectuelles nécessaires?

L’école du futur

J’aimerais croire qu’un jour tous ces programmes particuliers seront offerts à tous selon les intérêts et besoins de chacun.

Je souhaite aussi que notre système scolaire s’améliore, que tous les élèves peu importe s’ils ont des difficultés ou pas aient la chance d’évoluer au sein d’une école accueillante et qu’ils puissent y développer le goût d’apprendre.

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