Les profs font la différence!

Je n’ai jamais aimé les maths, j’ai toujours été pourrie à l’école dans cette matière. « Pourrie » est un grand mot, mais c’est comme ça que je le percevais dans ma tête d’enfant sensible.

Puisque j’analyse tout et toujours, je me dis que ma détestation des maths ne peut pas simplement venir du fait que j’ai peu de talent dans cette matière. Il doit y avoir une cause sous-jacente, un événement marquant que sais-je?

Quand j’y pense, j’ai une p’tite idée d’où ça vient. Du moins en partie. De l’école. Ma prof de 2e année était très sévère. J’avais peur d’elle, j’avais peur de demander des explications, de montrer que je ne comprenais pas, de me faire découvrir! Je n’ai par ailleurs aucun souvenir de son sourire.

Une fois, elle m’a démasquée. Elle a vu que je n’avais strictement rien compris à la leçon de géométrie. Je n’arrivais pas à faire la différence entre un prisme à base rectangulaire, un prisme à base triangulaire et même une sphère (je sais, ça paraît simple). Elle m’a gardée à la récréation pour me hurler (carrément hurler) à la tête : « Ça, c’est une sphère, ça roule!!! Ça, c’est un prisme à base triangulaire, y’a un triangle!!! » Et ainsi de suite. J’ai fondu en larmes, j’étais dévastée. Elle était vraiment (mais vraiment) en colère parce que je ne comprenais pas et parce qu’elle me croyait vraiment stupide et a cru bon de me crier ses enseignements. Elle a, malgré tout, réussi à me faire rentrer dans la tête ce qu’est une sphère, et ce, de façon plus que pédagogiquement discutable.

Je me souviens de cet événement comme si c’était hier. Je me souviens du nom du prof, de son visage cramoisi, de ses petits yeux plissés, de ses postillons et presque du temps qu’il faisait. À ce moment, je me suis trouvée tellement nulle et honteuse que je n’en avais parlé à personne.

Les profs font la différence dans la vie de nos enfants. Ils peuvent les inspirer, les guider, leur donner des ailes, mais ils peuvent aussi abîmer leur estime. Certains profs m’ont inspirée au secondaire et grâce à eux, ils m’ont donné la soif d’apprendre et de me dépasser, même si je croyais que c’était peine perdue.