Comment peut-on savoir si nos enfants sont plus anxieux qu’autrefois?

On aime penser que les enfants étaient moins anxieux jadis. Qu’ils n’étaient pas soumis à la dictature de la performance. Je me demande si les enfants étaient vraiment si insouciants. Josée Blanchette a récemment écrit un article dans Le Devoir, Chiller en mai. Elle y parle d’anxiété de performance chez les enfants d’aujourd’hui.

Voici un extrait :

 

« La psychologue souligne à quel point cette performance inc. a contaminé l’enfance insouciante de jadis. Elle soutient que nous prêtons aux enfants des comportements adultes qu’ils ne peuvent endosser. Cela s’appelle du mégamorphisme : nous les rendons grands trop tôt. Nous leur infligeons une notion de réussite en tout, particulièrement préjudiciable, sans compter leurs horaires de p.d.g. affairés. »

 

J’ignore de quelle époque elle parle en évoquant : « …l’enfance insouciante de jadis. », mais parlons de mon enfance dans les années 80.

Enfance des années 80

Les années 80, c’était l’époque des enfants à la clef dans le cou et des parents qui divorcent. Je n’ai rien vécu de tout cela. Ma mère était toujours présente et nous avions tout ce qu’il nous fallait. Malgré tout, je ne me souviens pas de mon enfance comme d’une enfance insouciante où je jouais sans penser au lendemain. J’étais anxieuse, je me préoccupais du futur comme du passé. Je n’aimais pas l’école. J’angoissais le dimanche et le vendredi était un soulagement. En classe, je me taisais quand je ne comprenais pas. J’avais peur des professeurs. L’une d’entre elles m’avait hurlé à la tête des notions de math que je n’ai jamais oubliées depuis. J’avais peur d’échouer. Ce n’est donc pas au primaire que j’ai appris à aimer l’école, c’est venu plus tard, grâce à certains profs qui m’ont fait réfléchir et qui ne m’ont pas simplement prise pour une cruche à remplir.

Ah la nostalgie!

Au risque de briser votre douce nostalgie du passé, je crois qu’on a tendance à idéaliser un peu trop l’enfance d’autrefois. Je ne crois pas que c’était mieux avant ni pire. C’était différent, les enfants étaient le reflet des valeurs de l’époque. Est-ce qu’il y plus de détresse et d’anxiété chez les enfants d’aujourd’hui, peut-être, mais jadis, il y en avait aussi, c’est juste qu’on le cachait, on n’en parlait pas. Les problèmes mentaux étaient très tabous. Les suivis psychologiques très minimaux. On parlait peu, on cachait beaucoup. Pas beaucoup de parents auraient envoyé leur enfant chez le psy, ç’aurait été un aveu d’échec.

Mais maintenant, l’anxiété, on en parle et c’est tant mieux. Je crois que les enfants d’aujourd’hui sont très chanceux, car ils grandissent dans un monde où la santé mentale est importante. Mais serais-je en train d’idéaliser notre époque? Probablement, mais j’aime mieux idéaliser notre époque que de dire que dans mon temps c’était donc ben mieux!

Lettre à ses élèves

J’ai adoré la lettre de la professeure au collégial Karine Valentino dans Le DevoirLettre à mes étudiants: «Vous êtes ma source d’énergie!»

Elle enseigne la littérature et malgré le fait que cette matière doit en rebuter plus d’un, Karine Valentino aime ses étudiants : « … je vous regarde aller, avec votre façon de vivre et de vous exprimer, si libres, si authentiques, quand je vous vois sensibles et altruistes, curieux et ouverts d’esprit, vous me rassurez sur l’avenir et me réconciliez avec le temps qui passe. »

J’ai trouvé que c’était vraiment rafraîchissant d’entendre une prof de cégep parler en des termes positifs de la jeunesse d’aujourd’hui.