La femme qui pleure au travail est-elle perçue plus négativement qu’un homme qui pleure?

Lean In to Crying at Work : Looking down on people who cry at work is sexist. It’s time to bring back the noble art of public weeping
Écrit par Olga Khazan dans The Atlantic

L’article parle de recherches effectuées auprès d’hommes et de femmes sur le fait de pleurer au travail. Voici un extrait de cet article :

« Even though women might feel more socially and biologically predisposed to cry, several studies suggest they are nonetheless perceived negatively for crying at work—and in fact, more negatively than men are. »

Les femmes davantage stigmatisées

Selon les études mentionnées dans l’article, les femmes semblent être davantage stigmatisées que les hommes par ce fait. Pleurer est mal vu autant pour la personne même qui pleure que pour les autres qui en sont témoins.

Pour plusi
eurs, pleurer peut être associé à la manipulation, à la faiblesse, au manque de courage et de contrôle, bref à quelque chose qui ne se fait pas. Pas au travail du moins. Pour les autres personnes autour, c’est le malaise. Plusieurs rejetteront la personne, mais certaines se sentiront plus près d’elle parce qu’elles auront partagé un moment de vulnérabilité. J’ai déjà eu dans mon bureau des personnes qui ont pleuré. C’est vrai que ce peut être inconfortable, mais j’ai plutôt rassuré la personne et je ne me rappelle pas avoir pensé que la personne était faible pour autant. Pleurer est une réaction normale et certains (certaines) le font plus, c’est tout.

Les femmes ne pleurent pas nécessairement parce qu’elles sont en dépression ou qu’elles sont tristes. Elles pleurent, car elles sont en colère ou sont déçues. Elles pleurent parce qu’elles sont sensibles à certaines choses, parce qu’elles sont heureuses, émues, émerveillées. Que sais-je? Si une femme pleure parce qu’elle est en colère au travail, plusieurs croient qu’elle est hystérique, folle ou qu’elle manque de sexe (merci Freud!).

Pleurer est humain et, c’est un fait, les hommes sont biologiquement moins enclins à le faire ou ils ont appris à ne pas le faire. Quand un homme pleure, on se dit qu’il a dû en encaisser des choses pour en arriver à ce point. Ou bien, on  se dit qu’il a vraiment un côté humain. On va alors le percevoir moins négativement que si c’était une femme.

Femmes au pouvoir

Lorsque la ministre Lise Thériault a pleuré en conférence de presse, c’est certain que les médias en ont parlé. Plusieurs médias ont écrit : « Lise Thériault s’effondre en conférence de presse » ou bien, « elle pleure à chaudes larmes ». Plusieurs ont aussi affirmé que c’était inadmissible pour une ministre de pleurer. Si vous avez vu cette dite conférence de presse, il n’est nullement question « d’effondrement » ou de gros sanglots. La compétence de la ministre a alors été remise en doute suite à cet événement. Je ne peux m’empêcher d’imaginer que si un homme avait pleuré en conférence de presse, qu’est-ce que les gens en auraient pensé? Aurait-on douter de sa compétence? Je ne sais pas. La tolérance aux pleurs semble assez faible pour certains. Être témoin de la vulnérabilité des autres ou révéler la sienne est très tabou. Qu’est-ce qui rend les gens, hommes ou femmes, antipathiques aux pleurs des femmes?

Oui, pleurer devant quelqu’un est en général quelque chose qu’on essaie de ne pas faire. Alors si ça arrive, soyons indulgents envers nous-mêmes et envers les autres. Compatissons. Parfois, c’est incontrôlable! Mais y’a un truc mentionné dans l’article de The Atlantic si jamais les larmes se font insistantes :  se pincer bien solidement la peau. Paraît que ça peut marcher.

femmes travail au bureau