Qu’il est mal élevé!

« Chez un enfant turbulent, on croit encore trop souvent que c’est parce qu’on n’en prend pas bien soin. Ce n’est pas vrai. La majorité du temps, beaucoup de gens prennent bien soin de cet enfant. Il faut « déstigmatiser » la maladie mentale, continuer à informer. »

C’est le Dr Martin Gignac, psychiatre pour enfants et adolescents à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal, qui l’affirme dans l’article Médication : souvent nécessaire, rarement suffisante publié sur Planète F. La médication des enfants est sans conteste un grand tabou de notre société. C’est vrai, on en parle de plus en plus dans divers médias, mais cela demeure un sujet hautement délicat à aborder.

À priori, personne ne veut médicamenter son enfant, bien entendu! Mais les maladies mentales sont bien réelles! Ce que l’on ne voit pas, on a tendance à ne pas y croire. Il est tendance ces temps-ci de dire que le TDAH est très fréquent et surdiagnostiqué. En effet, établir un diagnostic fiable ne se fait pas qu’en quelques minutes et il peut être nécessaire d’obtenir une contre-expertise. Certaines personnes affirment (avec de bonnes intentions ou non) que la façon de faire face au TDAH de son enfant est de mieux le contrôler, de mieux l’élever quoi! Comme si on laissait faire tout à notre enfant et que nous n’avions simplement qu’à serrer la vis. Quand ton enfant est diabétique, par contre, personne ne remettra en doute sa condition, mais n’importe quelle maladie mentale, le doute est souvent présent. Pour le TDAH, la bipolarité ou la dépression, il est difficile de simplement prendre une prise de sang pour identifier la maladie. C’est invisible à l’oeil nu. Quand tu es parent d’un enfant relativement facile, il est facile de juger sévèrement les autres parents. Tout le monde a sa solution au problème et comme on le sait, tout le monde juge tout le monde tout le temps.

Je connais des enfants pour qui le psychostimulant est carrément salvateur, mais pour environ 30% des autres enfants qui ont essayé de traiter pharmaceutiquement leur TDAH , ça ne fonctionne pas du tout (j’en sais quelque chose). Pour ces derniers, il faut rivaliser de patience et de beaucoup d’amour pour encadrer son enfant.

Comme l’indique le titre de l’article cité ci-dessus, la médication ne suffit pas. Il faut beaucoup d’aide de ses proches et se faire de l’école une alliée. Il faut aller chercher de l’aide professionnelle et qu’on se le dise, aller consulter au privé si on le peut, c’est très utile pour faire avancer les choses.

Ceci étant dit, les parents d’enfants « mal élevés » sont à mon avis tenaces renforcent des qualités qu’ils n’auraient jamais cru avoir autant besoin  :

  • Créativité : pour motiver et soutenir, il faut beaucoup d’idées. Trouver les trucs qui marchent pour son enfant, pas celui du voisin.
  • Persévérance : trébucher et se relever, affronter et se dépasser
  • Confiance : donner confiance à son enfant qu’il est capable et avoir confiance en ses propres capacités de parent (mêmes si certaines personnes vous jugent (n’oublions pas : tout le monde juge tout le monde tout le temps à un moment ou un autre — on n’y échappe pas!)
  • Amour : cultiver jour après jour son amour pour son enfant et préserver une relation positive avec lui
  • Moral d’enfer : le plus possible et prendre des pauses quand la soupape est prête à exploser
  • Patience : être patient, petit pas ira loin, ce qui marche un certain temps ne marchera peut-être pas toujours
  • Capacité à se remettre en question : revoir ses façons de faire et se pardonner quand on fait des erreurs
  • Et j’en passe…

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