Mon enfant, nos enfants en difficulté d’apprentissage

Mon enfant est suivi par une orthophoniste depuis qu’il a 2 ans et demi. Il a eu un retard de langage sévère. Il est courageux, car maintenant à 7 ans, il recommence sa première année. Il est suivi par l’extraordinaire orthopédagogue de son école depuis sa maternelle. Il a été évalué sous tous les angles par de multiples professionnels. Il a été diagnostiqué avec un TDAH mixte et une dyspraxie. Il persévère et lit des mots (il affiche de nombreux indices de dyslexie).

Il doit être suivi presque quotidiennement par son orthopédagogue pour qu’il puisse réussir en plus des adaptations que doit faire son enseignante. Après une maternelle (difficile) et une première année (très difficile) et maintenant la reprise de sa première année, on peut maintenant dire qu’il vit des succès. Tout est cependant très fragile, surtout sa confiance. Nous lui témoignons tous les jours notre fièrté et notre admiration. Comme la directrice nous l’a dit, on développe son courage face à ses défis.

Ces derniers jours, on a entendu beaucoup de choses sur notre système d’éducation. Aujourd’hui le premier ministre Couillard a réitéré sa confiance en son ministre de l’éducation Yves Bolduc, lors du point de presse tenu à Québec. On nous annonce aussi qu’une vision de l’école sera également présentée en 2015.

Ceci étant dit, le gouvernement a quand même envisagé d’augmenter le nombre d’élèves pour chaque classe tout en ne tenant pas compte du nombre d’élèves en difficulté. Plusieurs questions surgissent :

  • Est-ce que le gouvernement Couillard a idée de ce que c’est que d’être un élève en difficulté ou qu’être une enseignante qui accompagne ces élèves?
  • Comment peut-on croire qu’en augmentant le nombre d’élèves, tout ira pour le mieux? Sur quelles bases appuie-t-on ces affirmations?
  • Quel sera le sort accordé aux élèves en difficulté et à tous les autres aussi, qui ont besoin d’encadrement et d’encouragement?

Mon fils a pu bénéficier des services de professionnels à son école et nous sommes très heureux de leur écoute et de l’encadrement fourni. J’aimerais qu’il puisse recevoir ces services et ce soutien encore longtemps. J’ai bien peur que si de telles mesures sont mises en place, il sera encore plus difficile pour les élèves souffrant de troubles d’apprentissage d’être encadrés adéquatement dans des classes surpeuplés. Quand ton enfant a besoin de services, il faut beaucoup de concertation avec l’école pour arriver à trouver les moyens à mettre en place pour assurer sa réussite. Il faut des parents impliqués, des enseignants et des professionnels motivés, une direction avisée pour encadrer un enfant en difficulté et le rendre confiant! Il faut toute une communauté et une société pour guider tous les enfants et en faire des personnes confiantes, responsables et heureuses!

Voici un article intéressant avec le spécialiste Égide Royer, professeur en sciences de l’Éducation à l’Université Laval. Ce spécialiste fait un parallèle éclairant avec la santé infantile. Je cite ici les propos de M. Royer dans l’article de Radio-Canada:

« Vous savez, une augmentation d’un dixième de 1 % de la mortalité infantile à la suite d’une décision gouvernementale entraînerait des manifestations dans les rues. Ça serait impensable. Mais une augmentation d’un taux d’échec scolaire de 1 % à 3 % à cause de décision ou d’offres gouvernementales, c’est comme si l’éducation était moins importante que la santé au Québec. Il va falloir que ça change : regardez les écarts qu’on a avec les autres provinces ».

Espérons que le gouvernement n’ira pas de l’avant avec les propositions entendues cette semaine. Espérons qu’au contraire, l’école et l’élève seront mis au coeur de nos préoccupations. Espérons que la vision de l’école que le gouvernement présentera en 2015 sera inspirante!