La relation parent-enseignant : dans l’œil du parent d’un enfant à besoins particuliers

Chaque année, il faut recommencer. Il faut présenter son enfant à son enseignant et espérer que ce sera un match parfait.

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Je parle ici de l’implication des parents d’enfants à besoins particuliers et non pas de l’implication pour des enfants au parcours scolaire « normal ».

On dit souvent dans le monde des troubles d’apprentissage qu’il faut être le porte-parole de son enfant, l’avocat ou le défenseur. On dit aussi que les parents sont les experts de leur enfant. Mais croyez-moi, parfois j’aimerais vraiment qu’on me dise quoi faire, quel geste poser et quelle parole prononcer! Le doute me taraude. Les spécialistes consultés au privé nous ont tous dit qu’il fallait s’assurer que l’école suive les recommandations inscrites dans les rapports. Tâche tout de même assez difficle si on ne veut pas avoir l’air de la police. La confiance est donc de mise.

Le parent d’un enfant à défis particuliers doit être persévérant et de toute évidence suivre de plus près le parcours scolaire de son enfant, d’autant plus que le système scolaire québécois crie famine.  Lire la suite

À quoi ressemble la dysorthographie?

La quoi?

Un diagnostic de dyslexie vient généralement avec celui de la dysorthographie. En gros, la dysorthographie se caractérise par la difficulté à mettre en lettres les mots entendus. Les personnes ont aussi des difficultés à se représenter visuellement dans leur tête le mot en question. Malgré les efforts à apprendre les mots, les erreurs persistent souvent longtemps, mais à force de réviser, de répéter les leçons, les enfants finissent par apprendre plusieurs mots. Quand ça arrive, c’est magique! Cela exige patience et persévérance de la part du parent, de l’enseignant et des autres professionnels.

On peut remarquer une dysorthographie lorsque l’enfant :

  • ajoute ou inverse des lettres ou des syllabes;
  • a de la difficulté à respecter l’entité des mots (il ne sépare pas les mots d’une phrase par exemple);
  • ne respecte pas l’orthographe grammaticale (on s’en doute!);
  • oublie l’orthographe d’un mot, même s’il a beaucoup étudié son vocabulaire;
  • écrit difficilement (l’enfant n’efface pas bien ou plutôt récrit par-dessus son erreur)
  • éprouve une grande fatigue après avoir écrit, car penser au mot dans sa tête, s’en souvenir et le transposer par écrit, c’est bien souvent tout un processus!

Plusieurs enfants peuvent faire ce type d’erreurs surtout en début de parcours. N’oublions surtout pas que c’est la persistance des signes dans le temps qui aboutit à un diagnostic, et ce, malgré les interventions des professionnels de façon soutenue.

Mon fils a 9 ans. Il est en 3e année et a reçu un diagnostic de dyslexie-dysorthographie (il a repris sa première année aussi). Puisqu’une image vaut mille mots, voici à quoi peut ressembler une de ses dictées :

On peut donc constater certaines erreurs typiques de la dysorthographie :

adrie = abri
ro = or
pouber = poudre
meoir = mémoire

Bien sûr, plusieurs mots ont été très bien orthographiés. C’est surtout parce qu’il les a vus et lus d’innombrables fois et que sa persévérance lui a permis d’atteindre ce niveau.

Pour en savoir plus à ce sujet, consulter l’article sur la dyslexie-dysorthographie de l’Institut des troubles d’apprentissage.

Les profs font la différence!

ALEX

Je n’ai jamais aimé les maths, j’ai toujours été pourrie à l’école dans cette matière. « Pourrie » est un grand mot, mais c’est comme ça que je le percevais dans ma tête d’enfant sensible.

Puisque j’analyse tout et toujours, je me dis que ma détestation des maths ne peut pas simplement venir du fait que j’ai peu de talent dans cette matière. Il doit y avoir une cause sous-jacente, un événement marquant que sais-je?

Quand j’y pense, j’ai une p’tite idée d’où ça vient. Du moins en partie. De l’école. Ma prof de 2e année était très sévère. J’avais peur d’elle, j’avais peur de demander des explications, de montrer que je ne comprenais pas, de me faire découvrir! Je n’ai par ailleurs aucun souvenir de son sourire. Lire la suite

10 confessions d’une femme parmi tant d’autres

#lavraievie

  1. Certains jours, le simple fait d’entendre « maman » pour une énième fois m’irrite au plus haut point. Pourtant, c’est si doux le mot : « maman ».
  2. J’ai des fantasmes de m’évader de ma maison et d’aller lire sur une plage jusqu’à ce que ma pile de livres disparaisse complètement.
  3. Souhait : j’aimerais ça qu’on arrête de juger les choix de lecture des autres.
  4. J’aurais aimé être plus grande. Quand t’es petite, les gens ne te prennent pas toujours au sérieux, t’es pas crédible.
  5. Tout le monde se met le pied dans la bouche un jour ou l’autre, moi y compris.
  6. J’aime manger des céréales pour souper et les enfants aussi.
  7. Je m’achète trop de livres, ce qui fait que mon point 2 ne pourra jamais se réaliser.
  8. J’adore être entourée de gens sans être obligée de leur parler. J’observe. J’imagine leurs vies. J’invente.
  9. J’ai longtemps cru que j’étais une personne très rationnelle.
  10. Je fais des bilans de vie toutes les cinq minutes (ou presque).

Êtes-vous prêts pour la rentrée?!

Oui et non. J’ai hâte que les enfants retournent, parce qu’avoir les enfants à la maison tout l’été, ce n’est pas de la tarte. C’est exigeant, surtout quand tu n’as aucune fibre de GO en toi! Septembre, dans ma tête, ça sonne vacances. Du temps pour travailler sans avoir à stresser sur le fait que les enfants doivent sortir régulièrement dehors.

La fameuse rentrée scolaire suscite toujours de nouvelles résolutions. C’est presque comme le jour de l’an où l’on se dit qu’on va se prendre en main, que les enfants auront des lunchs santé, qu’ils se coucheront tôt, que notre système de collants motivera nos rejetons, que les matins seront sereins, etc. Mais ce qu’on espère vraiment, c’est qu’ils aimeront leur prof, qu’ils auront des amis, qu’ils apprendront, qu’ils ne feront pas l’objet de moqueries et surtout qu’ils recevront les services adaptés auxquels ils ont droit, comme en fait foi l’article 96.14 de la Loi sur l’instruction publique :

96.14 Le directeur de l’école, avec l’aide des parents d’un élève handicapé ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage, du personnel qui dispense des services à cet élève et de l’élève lui-même, à moins qu’il en soit incapable, établit un plan d’intervention adapté aux besoins de l’élève…

Parce qu’on le sait, si votre école a trop d’élèves en difficulté, les services risquent de ne pas pouvoir combler tous les besoins. Chaque année, c’est comme une boîte à surprises, on ne sait pas trop si les services y seront ou si vous serez agréablement surpris!

Malgré tout, oui! Je suis prête à faire valoir les besoins de mes enfants, à collaborer avec les profs et la direction et j’espère que l’année sera pleine d’apprentissages.

L’autre question importante maintenant, serez-vous prêts à temps pour Noël?

Bonne rentrée!

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Colloque pour parents sur les troubles d’apprentissage

L’Institut des troubles d’apprentissage tiendra son 4e colloque pour parents le 5 novembre 2016, à Montréal. Il s’agit d’une journée complète de conférences sur différents défis d’apprentissage. Les conférences portent entre autres sur  la dyspraxie, la dyslexie, le TDAH, l’anxiété, le TSA, les difficultés de comportement, les technologies, etc. Il y a également un salon des exposants où des éditeurs et autres fournisseurs de technologie adaptée présentent leurs trucs. Consultez le Programme 2016 pour voir la liste des présentations.

J’ai participé à ce colloque il y a deux ans et j’avais beaucoup apprécié. J’aurais aimé me dédoubler pour pouvoir assister à davantage de présentations. J’avais aussi pu échanger avec plusieurs parents qui vivaient les mêmes défis.

C’est parfois très déconcertant par contre de voir toutes les choses qui peuvent être faites pour aider les enfants en difficulté d’apprentissage, mais qui malheureusement, ne sont pas possibles à réaliser dans nos écoles québécoises, faute de ressources, comme en témoigne l’article dans Le Devoir Les parents à rude école. Le parent doit se battre jour après jour pour avoir des services et ça, c’est si le parent n’est pas déjà à bout de souffle et prêt à jeter l’éponge.

Ce colloque est donc l’occasion pour plusieurs de comprendre, d’échanger et de garder espoir.

Quoi accomplir avant de mourir

Vidéo de Souffler sur les braises d’Alexandre Poulin. On ne se lasse pas de la beauté du texte!

Le livre Before I Die

Ma fille m’a fait découvrir Alexandre Poulin cette année. En fait, c’est sa prof qui a élaboré un projet extraordinaire pour sa classe inspiré de cette vidéo (Alexandre Poulin s’est inspiré du mouvement Before I Die). Le mouvement Before I Die c’est d’abord une artiste qui a décidé d’installer un grand tableau noir dans sa ville et de laisser les gens écrire ce qu’ils voudraient faire avant de mourir. Ce mouvement a pris de l’ampleur et des tableaux noirs ont été installés dans de nombreuses villes à travers le monde.

À la manière de la vidéo de la chanson Souffler sur les braises, cette géniale prof a filmé les élèves de sa classe et leur a demandé d’inscrire sur un carton ce qu’ils rêvaient de faire avant de s’éteindre… Le résultat est très émouvant pour nous parents!

Il y a des profs comme elle qui marquent à jamais l’imaginaire de nos enfants! Merci!

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Mission possible pour enrichir le vocabulaire des enfants dyslexiques

On le sait, bien lire permet d’enrichir son vocabulaire, d’articuler sa pensée, de résoudre des problèmes et certainement de mieux réussir à l’école. Mais qu’en est-il pour les dyslexiques? Comment peuvent-ils bâtir un vocabulaire riche s’ils lisent moins et moins vite que leurs camarades de classe?

Le Yale Centre for Dyslexics & Creativity nous donne quelques trucs pour aider les enfants dyslexiques à développer cet aspect dans l’article How Can Parents Build a Word-Rich Life for Dyslexics.

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Lire à voix haute

« Listening to books read aloud allows students to have access to stories that are out of their reading range but within their comprehension zone. »

Pour la lecture à voix haute, il est recommandé de choisir un livre que votre enfant ne pourrait pas lire par lui-même, un livre au-dessus de son niveau actuel, mais qui sera compris par lui. La lecture à voix haute permet à l’enfant d’avoir accès à un texte plus complexe qui lui permettra d’enrichir son vocabulaire, de comprendre les sons que font certaines combinaisons, d’accéder au sens et d’imaginer l’histoire dans sa tête. Les enfants ont aussi plus tendance à poser des questions quand on leur lit des histoires. En questionnant, ils comprennent mieux!

Il ne s’agit pas ici de faire de la lecture en alternance avec son enfant puisque le livre choisi doit être au-dessus de son niveau de lecture actuel. La lecture en alternance est idéale lorsque le livre est adapté au niveau de l’enfant.

Preuve à l’appui. J’ai lu à mon fils le livre Le secret des dragons de Dominique Demers. Ce livre n’était vraiment pas de son niveau, mais l’histoire se prêtait très bien à la lecture à voix haute. Il a adoré se faire raconter l’histoire et nous avons pu beaucoup échanger. Il est important de choisir des livres avec des thématiques qui passionnent votre enfant. Pirates, sirènes, dragons, aventure, science-fiction, peu importe, pourvu que la lecture soit vivante!

 

Inclure l’enfant dans les discussions entre adultes

Les enfants dyslexiques bénéficient grandement des discussions entre adultes. On peut notamment leur demander leur opinion sur un sujet et les inclure dans la conversation. Ces échanges augmentent leurs connaissances et leur vocabulaire tout en développant leur pensée critique et leur logique. On peut aussi demander à l’enfant de raconter quelque chose. Relater un événement leur permet de trouver le vocabulaire adapté et d’ordonner leurs idées. Lire la suite

Les vainqueurs abandonnent eux aussi

« Il ne faut jamais abandonner quoiqu’il arrive! »

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Plusieurs personnes scandent ce grand principe haut et fort pensant que c’est l’ultime voie du succès. Cette expression peut faire très mal aux personnes qui abandonnent justement. Je crois plutôt qu’il faut savoir abandonner à certains moments. Abandonner quand on a été au bout de ce qu’on pouvait donner, au bout de ce qu’on a rêvé.

Abandonner peut être aussi la seule voie possible et cet abandon sera alors synonyme de renouveau.

J’ai abandonné ma job bien payée.

J’ai abandonné le rêve d’un enfant qui n’a pas de trouble d’apprentissage.

J’ai abandonné l’idée très séduisante de la superwoman.

J’ai abandonné des amitiés.

J’ai abandonné la vie en ville (pour le moment).

J’ai abandonné l’utopie d’une maison propre en tout temps.

J’ai abandonné un paquet de choses dans ma vie, mais qui m’ont permis d’avancer.

Les gens qui abandonnent savent ce qu’ils font. Quand un projet jadis caressé ne résonne plus en nous, vaut mieux laisser tomber pour un moment, ou pour toujours, qui sait?

Il faut choisir ses batailles et miser sur celles qui comptent vraiment à nos yeux. C’est à cet instant que nous sommes des vainqueurs.